Fonds de solidarité logement
La majorité s’auto-amende et tourne le dos aux plus fragiles
Lundi, en Conseil de la Métropole, l’exécutif a présenté son nouveau règlement du Fonds de Solidarité Logement (FSL). Pour rappel, ce dispositif a vocation à aider les ménages en difficulté face aux charges de logement et à prévenir des expulsions.
Cette réforme était attendue : dans sa forme initiale, le FSL n’était plus en mesure de protéger efficacement les locataires fragiles face à la flambée des loyers et des charges. Nos groupes avaient multiplié les démarches pour y contribuer – rencontres avec les acteurs sociaux, participation aux travaux préparatoires, propositions d’amendements. En vain : l’exécutif a mené cette réforme sans concertation avec la représentation métropolitaine.
Et quand la méthode fait défaut, le fond en pâtit. Le texte adopté se révèle minimaliste, incomplet et insuffisant :
La réforme oublie les plus fragiles (jeunes sortant de l’Aide Sociale à l’Enfance, familles monoparentales, travailleurs précaires).
Elle se limite à une aide ponctuelle, sans accompagnement durable.
Elle ignore la flambée des loyers et des charges, faute d’une revalorisation adaptée des plafonds.
Enfin, elle rend l’accès aux droits plus complexe et risque d’accentuer le non-recours.
Nos groupes avaient pourtant formulé des propositions concrètes :
- Revaloriser le plafond de ressources ouvrant droit à l’intervention du FSL.
- Reconnaître comme pièces justificatives la régularisation individuelle des charges et l’extrait de compte locataire.
Refusées par la majorité, ces mesures auraient pourtant permis à des milliers de ménages de bénéficier enfin de l’aide à laquelle ils devraient avoir droit.
Preuve de l’improvisation : quelques heures avant le vote, la majorité a présenté un amendement actant que le règlement présenté génère une discrimination envers les locataires du parc social et proposant la poursuite du comité de pilotage. Aveu d’échec d’une gouvernance contrainte de réformer… sa réforme.
Comme l’a rappelé Maryline Saint-Cyr du groupe Synergies dans le cadre d’une prise de parole commune aux 3 groupes lors de son intervention en Conseil : « Vous demandez aux ménages en difficulté d’attendre 2027 pour des mesures urgentes. C’est irresponsable. Nous appelons à un règlement plus ambitieux, construit dans la transparence et la concertation. »
Sur un sujet aussi vital que le logement et la solidarité, il est temps que l’exécutif sorte de sa logique d’entre-soi et associe enfin l’ensemble des groupes politiques pour répondre au seul impératif qui vaille : protéger les habitants les plus fragiles.
Un communiqué de presse co-rédigé avec les groupes politiques « Sy,ergies, Élus et Citoyens » et « Inventer la Métropole de Demain ».
