Commerces lyonnais
Une réponse de la Métropole clairement pas à la hauteur des enjeux
Hier, en commission permanente de la Métropole de Lyon, les groupes LA METRO POSITIVE, INVENTER LA METROPOLE DEMAIN et SYNERGIES, ELUS & CITOYENS ont uni leurs voix pour alerter une nouvelle fois sur la situation préoccupante du commerce de proximité et la détresse croissante des commerçants lyonnais.
La Presqu’île de Lyon, jadis cœur battant de la vie économique et sociale de l’agglomération, voit aujourd’hui ses commerces fermer les uns après les autres. Le taux de locaux vacants a doublé entre 2021 et 2024, et beaucoup de commerçants rapportent une chute de leur chiffre d’affaires d’au moins 20%.
Si la concurrence croissante du e-commerce et la baisse du pouvoir d’achat des Français expliquent en partie les difficultés du commerce de proximité, la politique d’aménagement de l’exécutif métropolitain dirigé par Bruno Bernard y contribuent tout autant.
Depuis cinq ans, les commerçants subissent les conséquences directes d’une politique menée sans concertation, ni vision d’ensemble.
L’accumulation de travaux mal coordonnés désorganise durablement l’espace public, complique l’accessibilité et déstabilise davantage l’activité commerciale.
Dans les communes périphériques, l’absence de solutions concrètes de transports en commun ou de report modal efficace en entrée de ville rend toujours plus difficile l’accès au centre-ville. Et l’application rigide et punitive de la ZFE pénalise injustement les professionnels itinérants comme les usagers les plus modestes, sans accompagnement digne de ce nom.
Dans un mois, la Zone à Trafic Limité (ZTL) entrera en vigueur en Presqu’île. Une contrainte de plus, qui pourrait bien être celle de trop. Sans adaptation, elle risque d’asphyxier définitivement les commerces de proximité indépendants de la Presqu’île de Lyon, déjà fragilisés.
Malheureusement, ces contraintes et ces choix anti-commerces touchent aussi d’autres secteurs pour lesquels nous nous mobilisons tout autant : avenue des Frères Lumière, route de Genas, avenue Félix Faure,
Si le président de la Métropole pense qu’une subvention supplémentaire exceptionnelle de 30 000 € à l’association de commerçants My Presqu’île suffira à résoudre l’ensemble des maux que ses décisions ont engendrés pour chaque commerçant indépendant situés sur ce secteur, il se trompe lourdement.
En séance, alors que nous exprimions nos vives inquiétudes sur l’état du commerce métropolitain, l’exécutif nous a opposé son mépris. Nous le disons avec gravité : cette attitude traduit une incompréhension profonde de ce que vivent les commerçants. Elle révèle aussi une incapacité jusqu’alors à penser une politique qui croie en leur rôle et les soutienne concrètement.
Ce que vivent aujourd’hui les commerçants doit conduire l’exécutif métropolitain à revoir profondément sa manière de concevoir l’action publique. On ne construit pas une métropole dynamique en affaiblissant ceux qui en font sa vitalité économique au quotidien.
